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Réforme de la Retraite: mieux comprendre

La réforme de la retraite, c'est l'épine dans le pied de l'État français depuis le premier choc pétrolier en 1971. Les  gouvernements se succèdent, mais le problème est toujours là et s'aggrave au fil des mandats. Personne ne l'accepte, mais tout le monde le dit: le système de retraite français est très menacé. Le problème est-il réel, bien posé? A-t-il des solutions? La contestation et les grèves sont-elle fondées, légitimes ? Pour aller plus loin qu'un simple "pour ou  contre", il faut comprendre comment ça marche, pour trouver les solutions possibles ou prendre une position plus éclairée...

Point sur le système de retraite français

Principe

Pour ceux qui ne le savent pas encore, le système de retraite  française assure le versement d'une pension aux personnes ayant cotisé durant une durée déterminée, lorsqu'elles cessent leur activité professionnelle. Ceci pour le régime de base obligatoire, géré par la Sécurité Sociale.

Face au doute grandissant sur la pérennité du système, des offres de retraite complémentaire se sont développées  en France, pour constituer sa propre "assurance vieillesse": chacun peut constituer un capital, à titre volontaire. Certains constituent un capital immobilier duquel ils espèrent tirer un revenu supplémentaire pour leurs vieux jours. Différents dispositifs privés d'épargne retraite ou d'assurance existent:

Histoire

Le système d'assurance sociale retraite français est créé en 1945. Il s'est constamment modifié depuis sa création, allant vers toujours plus de complexité (multiplication des régimes d'assurance retraite, des caisses...). Bien qu'essayant d'apporter plus de solidarité (création de minima sociaux...), les inégalités et le sentiment d'injustice se creusent dans l'esprit des citoyens français.

Modèle

La France fonctionne sur le principe de la retraite par répartition décrit plus bas. Il est géré par la Sécurité Sociale. Il existe de nombreux cas particuliers: régimes spéciaux, fonctionnaires, salariés du privé, professions libérales, etc. Ces cas particuliers complexifient la gestion des retraites, qui est lourde et coûteuse... Les négociations exigées actuellement ne font qu'augmenter le nombre des cas particuliers: elles vont accroître les coûts de gestion, au détriment des pensions.

Sources de financement

Les retraites sont payées grâce aux cotisations versées par:

  • les salariés,
  • les entreprises,
  • les travailleurs non salariés: professions agricoles, professions médicales, libéraux etc.

Le problème français

Le système de retraite français est dans une phase critique. Pour plusieurs raisons (qui touchent d'autres pays), les recettes fiscales sont insuffisantes pour payer les pensions des retraités actuels. Ceci alourdit considérablement la dette publique. Par ailleurs, le modèle par répartition aggrave la situation compte tenu de l'allongement de la durée de la vie.

Dit autrement, le système de retraite français, qui date de 1945, a été mis en place sur la base d'une espérance de vie plus courte. La pension est une sorte de "capital vieux jours" acquis par les années de travail, et qui nous est reversé mois par mois. Mais si nos vieux jours durent plus longtemps que prévu, le capital sera épuisé avant la fin.... L'espérance de vie s'allongeant très notablement, le contrat virtuel ne se réalise pas comme prévu et crée du déficit.

Espérance de vie et population

Depuis 1945, la population du pays est passée de 40 à 60 millions d'habitant. Soit 20 millions de retraites supplémentaires à payer, en 65 ans: 307 692 retraités par an. Retraités dont l'espérance de vie s'allonge avec le fameux papy-boom... Si on s'amuse avec les chiffres, pour  la seule année 2010,  307 692 retraités  x 12 mois x 7 ans = 25 846 128 mensualités supplémentaires à verser, qui n'étaient pas prévues au contrat de 1945. Uniquement en se basant sur 7 ans de vie supplémentaires...

Espérance de vie des Français
Espérance de vie 1945 2010 2050
(estimation)
Hommes 63 ans 70 ans 76 à 86 ans
Femmes 69 ans 84 ans 90 à 100 ans

Les démographes estiment qu'en 2050 la France comptera 20 millions de personnes de plus de 60 ans... Soit 1 personne sur trois actuellement.
Si nous conservons le système en l'état actuel, nos enfants devront payer nos retraites, et payer aussi la dette des pensions que nous versons à nos retraités actuels: la future génération paiera pour au moins 2 générations au lieu d'1 seule. Au moins  2 générations, car avec l'allongement de la durée de vie, nos enfants pourraient bien avoir à payer pour 4 générations d'anciens...

S'ajoute aux pensions de retraite, le coût de la santé des personnes âgées qui est  incompressible: plus il y a d'anciens, plus la vie s'allonge, plus les dépenses de santé augmentent!

Réforme

Si les recettes fiscales qui financent les retraites n'augmentent pas, une réforme du système lui-même est devenue indispensable:

  • pour stopper le déficit,
  • pour garantir une pension aux retraités actuels,
  • pour garantir une pension aux futurs retraités,
  • sans alourdir la dette des actifs actuels et futurs (=réduction du pouvoir d'achat et nouveaux impôts),
  • sans alourdir les charges des entreprises qui rencontrent déjà de graves problèmes de compétitivité dans le contexte de concurrence mondial présent.

Réformer la retraite devient inéluctable, si on veut éviter la faillite. Ignorer ceci, c'est prendre le risque de jeter des personnes âgées à la rue, faute de moyens publics. Refuser cette réforme, c'est manquer totalement de solidarité envers les générations actuelles et futures.

Préserver la retraite par répartition sans augmenter les charges

Dans le schéma de réforme actuel, l'État tente de préserver le système par répartition. Pour pouvoir maintenir le niveau des pensions et en garantir le paiement, quelle que soit la durée de vie, nous sommes contraints d'allonger le nombre d'annuités de cotisation, en retardant l'âge de départ à la retraite. C'est purement mathématique si on veut à la fois:

  • conserver le système de retraite par répartition,
  • éviter d'augmenter le taux des cotisations, les charges des entreprises, ou créer de nouvel impôt.

D'autres solutions?

Il existe d'autres modèles de retraite que le système par répartition. Ce sont des retraites par capitalisation. Mais quel que soit le modèle adopté, les pays ont tous été contraints  de retarder l'âge de départ à la retraite pour sortir du déficit créé par le versement des pensions.

Les différents systèmes de retraite obligatoire actuels

Le système par répartition avec annuités

Principales caractéristiques:

  • les cotisations des actifs paient les pensions des retraités,
  • le montant de la pension qui vous sera versée est défini d'avance et connu,
  • la pension  dépend du nombre de trimestres travaillés (annuités) et du salaire.
Plus en détail:

C'est le modèle français. Dans ce système, vous savez dès le départ quelle pension vous recevrez. D'où les tensions actuelles: le "contrat initial" étant changé, beaucoup acceptent mal  que les règles d'accès changent.

  • Actuellement:
    après 41 ans de cotisations et départ à 60 ans,  vous recevez 50% de votre salaire moyen. Le salaire moyen est calculé sur les 25 meilleures années de carrière (avec plafonnement défini par la Sécurité Sociale).
  • À noter:
    les retraites complémentaires (non obligatoires), qui s'ajoutent à la retraite de base obligatoire de la Sécurité Sociale, fonctionnent sur le système de points. Par exemple Arcco (non-cadres) et Agirc (cadres).

Le système par point

Principales caractéristiques:

  • les cotisations des actifs paient les pensions des retraités, comme pour le système par répartition,
  • les pensions sont proportionnelles au travail fourni tout au long de la vie,
  • le montant de la pension n'est pas connu d'avance,
  • de plus, une fois à la retraite, la valeur de service du point est renégociée tous les ans.
Plus en détail:
  • Le montant de la pension dépend du nombre de points total acquis par l'assuré au moment du départ à la retraite, et de la "valeur de service" du point à cette date.
  • Chaque année, le nombre de points acquis par l'assuré est recalculé en divisant les cotisations versées,  par la valeur d'achat du point cette année-là.
  • La cotisation de retraite versée pendant l'activité est calculée en pourcentage de la rémunération. Ce que vous versez vous donne droit à un nombre de points.
  • Le point a 2 leviers:
    • une valeur d'achat: fixée par les cotisations versées, soit le % de votre salaire,
    • une valeur de service: elle détermine la pension.
  • Le point est régulièrement redéfini par les partenaires sociaux (syndicats d'employeurs et de salariés), qui jouent entre valeur d'achat et valeur de service, pour équilibrer les comptes. Par exemple, en gelant la valeur de service du point (donc les pensions), ce système fait participer les retraités au rééquilibrage du régime de retraite si nécessaire. Il peut aussi être revalorisé, ce qui n'est pas  le cas chez nous, sauf volonté politique exceptionnelle.

Ces négociations sont dirigées dans un esprit d'équité collective, sans privilégier des droits individuels comme c'est le cas avec les nombreux régimes spéciaux de la France.

À noter:
    • plus le salaire de référence est important, plus la valeur de service du point est importante.
    • le nombre de points acquis est calculé ainsi:
Nombre de points de l'année N = Cotisation de l'année n
Salaire de référence
(prix d'achat du point)

Le système contributif de comptes notionnels

C'est aussi un système de retraite par point: il a été adopté par la Suède. La pension est égale au capital virtuel acquis par l'assuré au long de sa vie professionnelle,  multiplié par un "coefficient de conversion".

Plus en détail:
  • Le capital virtuel: c'est la somme des cotisations versées au cours de la carrière, revalorisées selon un indice fixé par les gestionnaires du régime de retraite. On cherche à maintenir le meilleur rendement possible, sans risquer le déséquilibre financier sur le long terme.
  • Le coefficient de conversion:il est calculé pour que la somme des pensions versées à chaque génération soit toujours égale à la somme des cotisations qu'elle a payées. Son calcul dépend:
    • de l'âge effectif de départ à la retraite,
    • de l'espérance de vie de la génération à laquelle appartient l'assuré.

Système par point ou système par répartition?

La plupart des pays qui avaient recours au système par répartition l'ont abandonné: Allemagne, Suède... Trop complexe, coûteux, lourd à gérer d'autant plus que les régimes particuliers sont nombreux.

Ces pays sont passés au système par points: beaucoup plus souple, il offre aussi plus de liberté aux affiliés qui peuvent s'arrêter quand ils le souhaitent, quitte à cumuler un emploi partiel pour compléter leur pension.
Alors qu'en France nous sommes contraints de fournir le nombre d'annuités fixés, et que l'augmentation du coût de la vie obligera quand même nombre d'entre nous à prendre un petit boulot, puisque le montant de nos pensions est fixe...

Les sources de tension actuelles

Quels que soient le système et le pays, la "retraite vieillesse" est menacée par des tensions relevant de plusieurs facteurs:

  • vieillissement de la population,
  • montée du chômage,
  • augmentation du coût de la vie et des matières première,
  • baisse du pouvoir d'achat,
  • mauvaise répartition des profits,
  • épuisement des ressources provoquant des tensions sur les marchés financiers,
  • financement: impôt, cotisation, dispositif privé,
  • mode de gestion et complexité (gestion par l'État ou les Caisses ? Régimes spéciaux etc...).

Les modèles historiques

Pour la petite histoire, de nombreux pays combinent les caractéristiques des deux modèles historiques: création de minima sociaux chez les "bismarckiens", dispositifs complémentaires  liés au niveau de revenu chez les "beveridgiens".

Le système de retraite bismarckien

Il est issu du système obligatoire d'assurance vieillesse allemand créé en 1899 par le chancelier Bismarck , et basé sur les principes de solidarité, de répartition et de proportionnalité: les actifs paient pour les retraités présents, cotisations et pensions sont proportionnelles  au revenu. Géré par des partenaires sociaux (caisses de retraite),  il est le plus souvent organisé par secteurs d'activité.

Le système de retraite beveridgien

Il est inspiré du modèle anglais de Lord Beveridge: c'est une protection sociale généralisée,  gérée par l'État (et non par des caisses), basée sur la solidarité nationale financée par l'impôt. Tout retraité perçoit un revenu minimum, les pensions sont indépendantes de l'activité professionnelle.

Source: site info-retraite

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